Zen intérieur

Stress et confinement

Qu’est-ce que le stress ?

Le stress a été décrit comme une réponse normale d’adaptation de l’organisme aux contraintes et agressions subies chaque jour dans le cadre de notre vie quotidienne. Cette adaptation concerne les systèmes physiologiques de régulation et de défense, mais aussi des réactions psychologiques et comportementales. C'est un phénomène essentiel à notre survie, très complexe, nécessitant la mise en œuvre de nombreux systèmes physiologiques de l'organisme.


En situation de stress, Selye, à l’origine de la notion du stress, distingue trois phases :

  • la réaction d’alarme : face à l’agression, le corps manifeste les premiers signes, provoqués par la libération d’hormones comme l’adrénaline.

  • la phase de résistance : lorsque l’agression se prolonge, l’organisme résiste et compense les dépenses énergétiques occasionnées pour faire face au stress.

  • la phase d’épuisement : l’individu ne parvient plus à s’adapter à la situation de stress, l’organisme « craque ».


Selon Sonia Lupien, neuroscientifique spécialiste du stress, 4 facteurs sont générateurs de stress :

  • la : quand on a l’impression de ne pouvoir décider de rien, de perdre le contrôle de la situation;

  • : la situation est imprévue et on n’a pas eu le temps de s’y préparer , on ne peut pas anticiper comment cela va se passer dans le futur;

  • la nouveauté : c’est la première fois qu’on est confronté à cette situation et on doit affronter l’inconnu, on manque de repères;

  • la menace pour soi-même : la personnalité est menacée, on a peur d’échouer ou de faire des erreurs, on perd son rôle et sa fonction d’un point de vue social.


En quoi le confinement provoque-t-il du stress ?

Autant dire que la situation vécue à l’heure actuelle regroupe tous ces facteurs. De plus, nous devons actuellement faire face à l’incertitude car on ignore quand, comment et si tout cela va prendre fin. On ignore à quoi ressemblera « l’après confinement ». L’ambiance générale provoque aussi de la peur, on se regarde de travers dans les magasins, toute personne et tout objet devient un potentiel contaminant. Les humains se fuient. Et puis à tout cela s’ajoutent d’autres inquiétudes : l’argent, l’école, l’état de santé de nos proches, la relation de couple etc.

Prenons soin de nous

Face à tout cela, il faut prendre le temps de s’écouter, il est important de prendre conscience de son stress et de s’accorder le droit de ressentir un mal-être face à cette situation inédite et compliquée.

Pour vous aider à comprendre l’importance de prendre soin de vous avant tout, voici la métaphore du masque à oxygène : Dans l’avion, lorsque les masques à oxygène se libèrent, il est recommandé, en tant qu’adulte, de d’abord mettre son propre masque avant de mettre celui de ses enfants. En effet, si on ne met pas le sien, il se peut qu’on fasse un malaise et que l’on devienne alors incapable de mettre celui de ses enfants. Ce n’est qu’en prenant soin de soi que l’on peut prendre soin des autres.

Dans la même idée, à l’impossible nul n’est tenu ! Nous n’avons que deux bras, deux jambes et une tête. Nous ne pouvons exiger de nous-même d’être à fond sur tous les fronts. Il est normal de ne pas arriver à être, au même moment, instituteur∙trice, parent, employé∙e et cuisinier∙ère, partenaire, ami∙e, enfant, etc. Soyons indulgent∙e envers nous-mêmes, permettons-nous de faire des erreurs et de ne pas remplir nos immenses listes de tâches. Permettons-nous de souffler et de profiter de ce temps hors du temps.

L’organisation comme outils

Afin de ne pas se laisser déborder par des listes de tâches interminables, dans la mesure du possible, essayons de nous organiser sereinement. En ces temps compliqués de confinement les deux parents sont, peut-être, plus présent∙es à la maison que d’habitude, c’est le moment pour chacun de prendre une autre place vis à vis des enfants. Il en va de même pour les tâches en lien avec la maison (ménage, cuisine, linge, etc.). Cette nouvelle répartition des tâches nous permettra de prendre soin de nous et de notre fatigue. Pour rappel, c’est en faisant attention à nous qu’on pourra être disponible pour nos enfants.

Petit à petit, la peur se transformera en confiance. Par exemple, faire confiance aux enfants, c’est avoir foi dans la nature humaine : les enfants sont créatifs et capables de coopérer quand nous nous adressons à eux avec respect. Ils finiront par trouver comment s’occuper seuls pendant un certain temps (ce temps variant selon l’âge des enfants et leur nombre : plus ils sont petits, moins ils sont capables de s’occuper seuls).

La charte du confinement pour rester zen

Pourquoi ne pas proposer aux enfants une charte du confinement. Ce document peut être créé en famille. Il permettra à chacun∙e d’exprimer ses désirs, ses besoins mais aussi ses obligations. Il permettra également de rappeler les règles de la maison (tant du point de vue des enfants que des parents). Grâce à cette charte, vous pourrez également y mettre les tâches de chacun∙e. Vous pouvez également préparer un planning pour structurer le temps et prévoir des moments de décompression. Ce planning permettra de rendre visuel aux enfants les moments où vous êtes disponibles pour eux et ceux où ils∙elles doivent s’occuper seul∙es. Pour établir cette charte et ce planning vous pouvez effectuer un temps d’échange en famille.

N’oublions pas que les temps de jeux libres sont importants pour les enfants, ce sont aussi des temps d’apprentissage. C’est leur manière à eux de prendre du temps pour eux et d’évoluer.


Résumé des pistes pour la gestion du stress

  • Faire des priorités : On l’a dit, vous ne pouvez pas vous consacrer à tout ni à tous en même temps : choisissez des priorités ou mettez l’accent sur ce qui ne peut être reporté.

  • N’hésitez pas à planifier les choses sur plusieurs jours, ne faites pas une liste de tâche géante dans votre tête. Celle-ci ne fera que vous paralyser davantage. Indiquez sur papier tout ce que vous avez dans votre tête et fixer vous des jours pour faire les différentes tâches. Attention, ici encore, restez réalistes, ne vous mettez pas des centaines de tâches par jour, ça ne ferait qu’augmenter votre stress.

  • Demandez de l’aide ! Vous ne pouvez pas tout faire seul∙e. Vous pouvez demander de l’aide à votre partenaire mais aussi, pour certaines choses à vos enfants. Et surtout ne refusez pas l’aide qu’on vous propose. Si vous êtes bloqué∙e à la maison avec vos enfants et que votre voisin∙e vous propose de faire vos courses, acceptez !

  • Enfin, acceptez que vous ne puissiez pas tout contrôler, que des imprévus surviendront toujours. Même si vous êtes très organisé∙es, vous ne pouvez pas tout prévoir. La vie est faite de surprise, autant vous y préparer.

  • Concentrez-vous sur le présent. Le passé est passé et vous ne pouvez plus agir dessus. Quant au futur, vous ne pouvez pas encore agir dessus non plus. La seule chose sur laquelle vous pouvez avoir une influence, c’est le présent alors mettez votre énergie là-dessus.

  • Ne gardez pas vos besoins et vos émotions pour vous. Dites ce que vous ressentez et ce dont vous avez besoin. Toutes les émotions retenues vous empêchent d’avancer.

  • Quand l’occasion se présente, prenez du temps pour vous, consacrez du temps à des activités que vous aimez. Si ces moments ont pu être planifiés, pensez-y durant les moments de stress.

  • Enfin, ça paraît anodin mais c’est pourtant la base, prenez le temps de bien dormir et de manger équilibré. En effet la fatigue vous rend plus nerveux∙ses et plus irritable. Quant à la nourriture, si vous mangez équilibré, vous aurez un apport suffisant de vitamines ce qui vous permettra également de vous sentir moins fatigué∙es. Sachez, par exemple, que le sucre augmente l’agressivité et l’énervement (il en va de même chez les enfants).

  • Faire du sport permet aussi aux tensions de s’évacuer. Ce n’est pas toujours facile à mettre en place avec des enfants alors pourquoi ne pas proposer une séance de danse ou de zumba collective. Cela permettra à tout le monde de se dépenser et surtout de passer un moment de rire et de partage en famille. Vous pouvez aussi trouver sur internet des séances de gym à faire en famille. Enfin n’hésitez pas à sortir vous aérer, c’est permis !


Pour conclure, la métaphore du champ de blé :

La prochaine fois que vous serrez face à une bouffée de stress, vous pourrez visualiser la métaphore du champ de blé :

Imaginez un champ de blé dans lequel les épis sont droits comme desʺ iʺ et s’élèvent vers le soleil, un orage vient, pareille à une émotion. Sous le poids de la pluie, l’épi courbe, se plie, à l’image des humains qui courbent le dos sous le poids des émotions douloureuses. Mais l’orage ne dure pas, le soleil finit toujours par revenir… L’épi se redresse et reprend sa forme initiale. 

Nous sommes exactement comme le blé, déstabilisés momentanément par une émotion vive, désagréable mais capable de nous adapter, sans avoir à se battre mais juste à rester en contact avec cette émotion et à l’accueillir telle qu’elle est. Nous ne pouvons rien contre le mouvement naturel humain des émotions qui sont des signaux d’alerte sur des besoins insatisfaits (comme l’épi ne peut rien contre la pluie). Nous pouvons accepter d’être mouillés jusqu’au cou, de plier en réalisant que nous ne sommes pas brisés.

Quand quelque chose ou quelqu’un nous fait peur, nous attriste, nous énerve, nous pouvons faire un petit pas de côté en ayant cette métaphore en tête. Ce petit pas de côté peut permettre de sortir des automatismes de pensées et d’action (par exemple, crier, attaquer l’autre, taper, ruminer pendant des heures, raisonner dans tous les sens, chercher à tout maîtriser).

 

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